7h50 : Notre chauffeur nous récupère devant notre fare et nous conduit au nord de l'île, départ des activités du jour... En chemin, notre bonhomme, qui ne manque pas d'humour, ne tarit pas d'anecdotes sur Moorea et ses occupants. Chaque fois qu'on passe devant une boutique tenue par une de ses nombreuses connaissances, il s'interrompt et lance un "bonjour Sylvie" ou "bonjour Pierrot" comme si la dite Sylvie ou le bien-nommé Pierrot pouvait l'entendre ou même le voir passer depuis l'intérieur de leurs magasins ! Arrivés à destination, on se prépare, le stress commence, en tout cas pour moi, à monter... Notre guide du jour nous briefe sur la machine que nous allons enfourcher : son fonctionnement, les règles de sécurité sur le lagon. Dans notre groupe, nous partageons notre guide avec un couple et leurs deux enfants. A deux par machine, ce sont donc trois scooters de mer qui s'élancent à la suite de celui conduit par notre guide. A l'intérieur du lagon, certains passages sont matérialisés par de grosses balises en béton pour éviter les patates de corail. Il faut donc scrupuleusement respecter la ligne d'écume laissée par le guide et les scooters nous précédant. Nous allons très vite nous rendre compte que c'est plus facile à dire qu'à faire... Vent, mer agitée, dernière position dans la file, nous essuyons les vagues des scooters qui nous précèdent, et au premier chenal, après seulement 5 minutes, une vague nous dévie et nous projette directement sur une balise en béton. Laurent freine mais rien n'y fait, direct dessus... Le guide venait de nous dire qu'une semaine auparavant un touriste qu'il accompagnait avait heurté une de ces balises et que le scooter commençait à couler ! Vérifications faites, cela semble moins grave pour nous. Nous étions à faible vitesse et seul le pare-chocs semble avoir joué son rôle... On continue donc le périple, inutile de vous dire combien je suis rassuré... Se prendre une balise au milieu de l'océan, je finis par croire que scooter et mur m'en veulent ! Enfin, cette fois ce n'est pas moi qui conduisait... Dire que je profite de la première moitié du trajet serait mentir : je m'agrippe à Laurent pour ne pas tomber du scooter et serre tout ce qu'il est possible de serrer dès que nous passons dans un chenal, tout prêt de ces fichues balises ! En fait, aucune ne croisera à nouveau notre route et je vais même commencer à apprécier vitesse et virages sur le lagon moins agité et au fur et à mesure que Laurent maîtrisera davantage l'engin. Lui s'amuse comme un petit fou !
Ces sensations ne sont pas les seuls plaisirs de l'excursion. Nous faisons une première halte dans une passe autour de Moorea. Il s'agit d'un "trou" dans la barrière de corail. Jadis, une rivière d'eau douce devait avoir son embouchure ici et a empêché la formation de corail, ce dernier n'aimant pas l'eau douce. Le lagon et l'océan communiquent donc par ces passes ce qui engendrent des courants importants, appréciés par certaines espèces marines. Nous avons la chance d'observer l'une d'entre elles : des dauphins, tout en dormant, remontent à la surface pour respirer, nous offrant un joli spectacle... Nous marquons une seconde pause entre les motus Fareone et Tiahura pour faire du snorkeling au milieu des coraux, des poissons et des raies pastenagues.
Nous faisons enfin un dernier arrêt pour caresser les raies armées, entourés par des requins pointes noires. Génial !
La dernière partie du voyage nous ramène à notre point de départ : la majestueuse baie d'Opunohu. J'ai beau me concentrer sur ce décor de cinéma - Spielberg y a d'ailleurs séjourné sur son yacht les jours précédents - mes bras tétanisent et j'ai de plus en plus de mal à me cramponner à Laurent pour passer les fortes vagues à l'entrée de la baie. Même si je suis ravi de ma matinée, je ne boude pas mon plaisir de retrouver la terre ferme ! Pour se remettre de nos émotions, on nous offre un ti'punch maison puis on va rapidement pique-niquer car les sensations continuent cet après-midi mais sur quatre roues...
13h, nous retrouvons Henano, notre guide du matin. En revanche, nos compagnons d’aventure de l'après-midi sont différents. Nous sommes les deux seuls courageux - ou tordus - à enchaîner jet ski et quad dans la même journée !
Petit briefing sur le fonctionnement des engins et la colonne de 6 quads s’élance derrière notre guide. Sur le quad nous précédant, une jeune fille seule ne semble vraiment pas à l’aise et très vite rencontre quelques mésaventures sans gravité mais elle s’est fait de belles frayeurs tout au long de la sortie… A plusieurs reprises elle m’a d’ailleurs proposé de conduire son quad, offre que j’ai évidemment déclinée vu ma formidable dextérité à conduire ces engins ! Je préfère rester passager et m'en remets à Laurent.
Je prends d’ailleurs beaucoup plus de plaisir que ce matin y compris dans les franchissements plus ou moins humides des rivières. Nous nous enfonçons dans les vallées d’Opunohu et Paopao. Nous traversons des paysages magnifiques. Ici, de nombreuses cultures fruitières et maraîchères au premier rang desquelles l’ananas. Nous passons d’ailleurs par le lycée agricole où nous dégustons les confitures confectionnées sur place : confiture de tiaré (la fleur emblématique de Polynésie), de caramboles, de bananes – vanille et évidemment d’ananas. Un régal !
Nous montons jusqu'au belvédère qui nous offre un point de vue panoramique imprenable sur le mont Rotui et, de part et d’autre, les baies d’Opunohu et de Cook. De l’autre côté, on distingue les hautes montagnes qui s'élèvent au centre de l’île et forment le rebord méridional de l’ancien cratère. Nous redescendons par la route de l’ananas, chemin propice à quelques sensations avec le quad. Pour notre dernière étape, nous grimpons jusqu'au mont magique. Adeptes du vertige, fuyez… Mieux ne vaut pas s’écarter du chemin entouré à la fin du parcours par deux à pic impressionnants. Nous terminons l’ascension à pied et là, récompense : vue magnifique sur la baie d’Opunohu et le lagon.
Nous redescendons ensuite jusqu’à notre point de départ où nous attendent le ti’punch et notre chauffeur, le même que ce matin : le patron. Bonjour à Sylvie, à Pierrot, nouvelles anecdotes, bref, retour jovial. Une fois débarqués, douchés, je récupère les photos prises par notre guide sur Facebook, et je ne tarde pas à rejoindre Laurent : les corps des grands sportifs que nous sommes nous lâchent… Nous nous endormons rapidement, ravis de notre journée… Il est 20 h !