Ce matin, nous bouclons les valises car nous quittons l’ouest de l’île pour revenir au centre, au sud d’Héraklion. Nous faisons une halte peu après notre départ dans le petit village d’Argyroupoli, qui possède une sorte de système de climatisation naturelle. Au pied de ce village se déversent plusieurs torrents de montagne qui maintiennent la température à un niveau nettement moins élevé que sur la côte. S’écoulant par des aqueducs, ruisselant le long des murs, s’infiltrant entre les pierres et jaillissant par des robinets extérieurs, cette eau fraîche et abondante est omniprésente. Les châtaigniers et les platanes de haute taille et la végétation luxuriante créent un lieu ombragé et tranquille parmi les cascades et les fontaines intégrées à toutes les
tavernes du village. Le maire, propriétaire d’une boutique de produits de beauté à base d’avocat, nous donne un plan et des explications sur les différents sites à visiter. Argyroupoli est bâtie sur les ruines de l’ancienne cité de Lappa dont subsitent quelques traces : notamment un pavement romain en mosaïque du 1er siècle av JC et une nécropole romaine regroupant des centaines de tombes creusées dans la falaise. Un peu plus loin, un platane serait vieux de 2000 ans ! Malgré le plan, les sites sont très mal indiqués et c’est un
véritable jeu de piste… Sous le soleil, on fatigue un peu et nous partons sans avoir réussi à dénicher tous les lieux remarquables du village !
Nous poursuivons notre route et nous arrêtons déjeuner à Spili où une fontaine vénitienne est ornée de 19 têtes de lions. Au menu, salade grecque, salade d’aubergines et moussaka…
Puis, en début d’après-midi, nous empruntons une petite route qui traverse la vallée d’Amari. Le paysage
est dominé par les oliviers, les amandiers et les cerisiers et parsemé d’églises byzantines. Nous arrivons sur le petit site minoen d’Agia Triada que nous visitons rapidement car le soleil est à son zénith… Non loin, nous restons davantage, malgré la chaleur, sur le site de Phaistos,
seconde plus importante cité palatiale de la Crète minoenne. Avec une vue superbe sur la plaine de Messara et le mont Psiloritis, Phaistos jouit de l’emplacement le plus fantastique de tous les
sites minoens.
Nous rejoignons ensuite Matala qui était jadis la destination hippie la plus réputée de Crète ! Notre intérêt réside uniquement dans les dizaines de grottes creusées dans la paroi rocheuse habitées depuis des siècles. Au 1er siècle, les grottes étaient des tombes romaines taillées dans le grès. Puis certaines
furent habitées. Fenêtres, portes et lits ont été sculptés dans la pierre. Nous ne nous attardons pas car la visite est devenue payante et la fatigue commence à se faire sentir… Nous faisons une dernière courte pause sur la plage de Kommos où des fouilles archéologiques sont encore en cours. Kommos aurait été le port de Phaistos…
Enfin, nous prenons possession de notre chambre dans un petit hôtel familial et traditionnel crétois au cœur de Zaros, un village authentique de montagne. L’accueil est chaleureux. La maîtresse de maison nous indique une taverne, tenue par sa famille, où reprendre des forces. L’adresse est également fortement recommandée sur le lonely planet. Et on comprend pourquoi ! Ici, pas de cartes. Tout est fait maison avec des produits frais. Concept original : pour 12 € par personne, on a droit à une salade grecque , aux 5 plats du jour, un dessert et du vin ! Copieux et délicieux, cela nous a permis de découvrir 5 spécialités crétoises différentes ! On se couche repus…