Levés tôt, nous récupérons la voiture et quittons Héraklion, destination La Canée, à l’ouest de l’île. Sur la route de nombreuses haltes sont prévues. Première pause sur le plateau de Nida, au pied du Mont Psiloritis, point culminant de l’île (2 456 m). Puis nous traversons plusieurs villages reculés où l’ambiance un peu mafieuse ne nous incite pas à nous arrêter. Selon le guide, les hommes ont la mitraillette ou le pistolet facile, notamment lors des mariages. Règlements de compte, trafics d’armes et de drogue sont encore monnaie courante dans la région. Les panneaux de signalisation criblés d’impacts sont la preuve que l’on pénètre dans un pays
montagneux doté de ses propres lois… Nous passons donc rapidement notre chemin, enfin, aussi vite que le permet la route très sinueuse !
Plus loin, nous improvisons un pique-nique à l’ombre des oliviers. Certains ont des troncs énormes, attestant de leur âge séculaire. Un peu plus loin, le village de Margarites est plutôt désert. C’est l’heure de la sieste ! Il
s’agit d’un village de potiers, regroupant plus de 20 ateliers de céramique. Après avoir visité la boutique d’un des rares courageux à cette heure-là, nous reprenons la voiture pour quelques kilomètres seulement et nous arrêtons à Eleftherna. Les vestiges de cette ancienne cité sont perchés dans un site spectaculaire, entre deux gorges. Construite par les Doriens au VIIIième siècle av JC, la cité devint un important foyer de peuplement. Le soleil est à son zénith, mais nous affrontons tout de même la chaleur et descendons jusqu’au site délaissé par les archéologues, occupés sur un autre site dans la vallée. Nous sommes seuls et marchons sur ces ruines à ciel ouvert. Nous avons l’impression d’être nous-mêmes archéologues et de redécouvrir les traces de cette ancienne civilisation ! Malgré la température, nous ne regrettons vraiment pas la visite de ce site, autrement plus authentique que Cnossos…
Etape suivante : le monastère d’Arkadi. Avant d’entrer, nous nous désaltérons sur une superbe terrasse surplombant la verte vallée d’Arkadi. Sur un beau paysage montagneux, le monastère cache notamment une église vénitienne de 1587 à la façade Renaissance richement décorée. En 1866, le monastère a été le théâtre d’un
drame : des centaines d’hommes, de femmes, et d’enfants, venus s’y réfugier pour échapper à 2000 soldats Turcs, préférèrent mettre le feu à un stock de poudre à canon plutôt que de se rendre. L’explosion tua tout le monde, Turcs inclus, à l’exception d’une petite fille qui vécut jusqu’à un âge avancé dans un village voisin. Outre l’atmosphère paisible qui baigne ce lieu, le monastère est magnifiquement paysagé.
Nous reprenons notre route vers La Canée, mais nous arrêtons une dernière fois pour visiter la
pittoresque ville de Rethymnon avec son charmant port vénitien et son ravissant quartier turc-vénitien, dédale de ruelles bordées d’auvents fleuris, de maisons aux gracieux balcons de bois et de monuments au décor vénitien. Plusieurs minarets ajoutent une touche orientale. Nous arrivons
à La Canée en début de soirée, où nous prenons possession de notre studio avec vue sur mer !