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Jour 1 : Sintra

Compte-tenu des prévisions météo, nous avons préféré bousculer notre planning et profiter du soleil en commençant par la journée à Sintra. Nous prenons donc le métro jusqu’à la gare du Rossio, mais avant de prendre le train, un petit déjeuner dans un café typique nous permet un premier contact avec les pâtisseries lisboètes. 40 minutes de train plus tard, nous partons à l’assaut de Sintra, de ses montagnes ondoyantes, de ses forêts embrumées, de ses jardins exotiques et palais. Sintra est une cité d’une exquise extravagance, qui semble sortie d’un conte. 

Palais National de Sintra

Nous démarrons notre visite par le Palais National de Sintra. Pendant des siècles, il fut la résidence d'été favorite des rois du Portugal. Le palais a été construit au XIVe siècle et est décoré avec de beaux carreaux de céramique. Le Palais National de Sintra - également connu sous le nom de Paço Real ou Palais Royal - est situé dans la vieille ville de Sintra, à quelques 40 km de Lisbonne. Toute la ville est classée au patrimoine mondial de l'Unesco et n’abrite pas moins de cinq palais et un château. La famille royale préférait s’installer ici pendant l'été car la température est de plusieurs degrés plus fraîche ici qu’à Lisbonne. Dès le dixième siècle, un palais résidentiel avait été construit ici par les Maures qui régnaient sur la région à cette époque. En 1147, lors de la reconquête chrétienne, Dom Afonso Henriques reprit Sintra aux Maures et occupa le palais, qui fut nommé Palácio de Oliva (Palais de l’Olive).

Palais National de Sintra

Une grande partie de ce qui est visible aujourd'hui remonte à 1385, lorsque le roi Jean Ier ordonna la reconstruction complète du palais. Au début du XVIe siècle, le roi Manuel I entreprit une rénovation complète avec des fonds acquis grâce aux richesses rapportées à Lisbonne par les explorateurs portugais. Dans le même temps le palais fut élargi en une combinaison de styles manuélin et mudéjar. Le palais a été utilisé par la famille royale jusqu'en 1880. En 1910, avec la proclamation de la république, le palais est devenu un monument national. Étonnamment, la partie la plus frappante du Palais National de Sintra sont les cheminées colossales, construites au XIVe siècle pour éviter que les cuisines ne soient enfumées.

Cheminées du Palais National de Sintra

Les cheminées peuvent être vues à des kilomètres et on ne peut qu’imaginer le genre de banquets qui ont nécessité ces cheminées massives. Encore plus intéressant sont les magnifiques azulejos - carreaux de céramique - qui ornent les nombreuses salles du palais royal. Il y a des azulejos du XIVe au XVIIIe siècles, dont d’authentiques azulejos mudéjar, avec des motifs géométriques mauresques. Les pièces les plus anciennes du palais entourent la cour centrale.

Salle des Cygnes

Il s’agit notamment de la Sala dos Árabes (Salle arabe) - décorée avec des motifs et des azulejos complexes, la Sala dos Cisnes (Salle des Cygnes) - avec un magnifique plafond décoré avec des cygnes - et la Sala das Pegas (Salle des Pies), décorée avec 136 pies, chacune tenant une rose et un livre avec les mots « Por bem ». 

Salle des Pies

Il y a deux histoires différentes qui entourent cette dernière salle. Selon une histoire, la salle a été décorée avec des pies car le roi pensait que les femmes à la cour bavardaient comme des pies. Une autre histoire prétend le roi avait fait des avances à l’une des dames d'honneur en lui donnant une rose derrière le dos de son épouse, la reine Philippa. Une pie arracha le rose et le roi, pris en flagrant délit, s’excusa avec les mots « Por bem » (pour le bien) et commanda une peinture d'une pie pour chaque Dame de compagnie. Dans d'autres variantes de l'histoire le roi est pris en train d'embrasser une des dames. 

Salle des Armoiries

Une autre chose remarquable dans le palais est la richement décorée Sala dos Brasões (Salle des Armoiries). La salle, qui occupe la Torre da Meca, a un plafond hexagonal décoré avec des peintures de cerfs et les armoiries de soixante-douze familles nobles. Les murs de la salle du XVIe siècle sont décorés d'azulejos bleus et blancs qui ont été ajoutées au XVIIIe siècle. A noter également la petite chapelle gothique avec un plafond de style mauresque.

 AzulejosAzulejos

 

 

 

 

Nous parcourons ensuite les ruelles du centre historique et prévoyons le pique-nique et notamment deux spécialités : les queijadas da Sapa, bouchées croustillantes garnies d’un mélange de fromage frais, de sucre, de farine et de cannelle, et les travesseiros, chaussons de pâte feuilletée, fourrés d’une délicieuse crème aux amandes et aux jaunes d’œuf, légèrement saupoudré de sucre. Le sac à dos rempli de ces victuailles, nous nous rendons à la Quinta da Regaleira, à une quinzaine de minutes de marche.

Quinta da RegaleiraQuinta da Regaleira 

Nous commençons à parcourir le fantastique jardin pentu de cette riche villa. Passages souterrains, cascades, fontaines, grottes, puits monumental qui est une espèce de tour inversée de 27 m de profondeur où l’on descend par un escalier en colimaçon, labyrinthes… Tous ces symboles franc-maçonniques sont disséminés dans un écrin de verdure composé de nombreuses espèces de plantes et d’arbres exotiques. Nous profitons d’un des nombreux coins ombragés et tranquilles du jardin pour sortir le pique-nique du sac… Puis nous visitons l’intérieur du palais à la façade richement décorée.

Quinta da Regaleira

 

Nous retournons ensuite au centre historique d’où un bus nous amène sur les hauteurs de Sintra, et notamment au Castel del Mouros, le château des Maures, construit par les Maures d’Afrique du Nord entre le VIIIe et le XIe siècle, lorsqu’ils avaient le contrôle de la région. Ce château avait une double utilité : il servait à défendre les terres fertiles de Sintra et servait aussi de poste d’observation fortifié pour surveiller l’océan et le nord (c’est-à-dire là où le christianisme commençait à s’installer).

Château des Maures

Une fois que les croisades chrétiennes ont expulsé les Maures du Portugal, l’intérêt stratégique de ce château s’est retrouvé grandement amoindri et il a donc été laissé à l’abandon et gravement endommagé par des séismes et des incendies. Il n’a été restauré qu’au XIXe siècle, lors de la construction du palais de Pena : sa restauration visait à en faire un élément décoratif du domaine du palais.

Sa restauration s’est faite en suivant les règles du style architectural du Romantisme et le château se trouve en plein cœur de vieilles forêts et de petits chemins menant à de superbes points de vue. Les incroyables vues que ses remparts offrent sont l’attraction principale. Montées, descentes, remontées, redescentes… Avec toutes ces calories perdues, nous ne regrettons plus d’avoir succombé aux délicieuses spécialités sucrées de Sintra ! Et ce n’est pas fini : nous partons maintenant à l’assaut du Palais National de Pena, et là aussi, ça grimpe !

 Palais National de PenaPalais National de Pena

Le Palais National de Pena est un palais excentrique construit au XIXe siècle pour Dom Fernando II, roi consort de la reine Marie II de Portugal. À la fin du XVe siècle, le roi Manuel I commanda la construction d'un monastère d’Hiéronymites à l'emplacement d'une chapelle qui se trouvait au sommet d'une colline à Sintra. Après le tremblement de terre de 1755 le monastère était tombé en ruine. En 1838, le roi consort Fernando II tomba amoureux du site et décida d'acquérir la propriété. Il avait prévu de restaurer les ruines et de les convertir en une nouvelle résidence d'été de la famille royale. La construction du nouveau palais débuta en 1840 et le roi consort allait passer le restant de sa vie à la réalisation de son palais de rêve. Il fut finalement achevé en 1885, année de sa mort à l'âge de soixante-neuf ans. La conception du palais est le résultat du mouvement romantique du XIXe siècle, pendant lequel les artistes représentaient souvent l’histoire avec une nostalgie idyllique. L'architecte, l'Allemand Ludwig von Eschwege, a créé un fascinant mélange de styles néo, avec des motifs néo-manuélins, Orientaux, Renaissance et même des motifs égyptiens. En 1910, lorsque la monarchie fut renversée, le palais devint un musée national. Malgré le méli-mélo de styles, le palais parait étonnamment harmonieux. C’est une structure fascinante, avec un amalgame de tours bizarres, de tourelles, de dômes, de voûtes orientales et de murs crénelés. L'utilisation de couleurs pastel jaunes, roses et pourpres complète le caractère de conte de fées du palais.

Palais National de Pena

Palais National de PenaLe cœur du palais est formé par les cloîtres gothiques, décorées de carreaux de céramique. Près des cloîtres on trouve la grande tour de l'horloge. Au sud de cette tour il y a un grand portail, connu sous le nom de Porte de Triton, flanquée de deux tours en forme de dôme. La porte est abondamment décorée dans le style manuélin et montre un triton a l’air mauvais au sommet d'une grande conque soutenant une baie vitrée.

Palais National de PenaPalais National de Pena

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a plusieurs autres portes dans le palais, toutes de style différent, d’oriental à médiéval. Près de la Porte de Triton se trouvent les résidences principales du palais, y compris une salle de bal avec un grand lustre. Il faut aussi mentionner la magnifique salle arabe, avec un plafond richement décoré.

Palais National de PenaPalais National de Pena 

Après cette première journée bien chargée, nous reprenons le train en direction de Lisbonne. Notre appartement est situé dans le quartier de l’Alfama, et devinez, ça grimpe ! Contents de nos visites, mais fatigués, nous jouons un peu les fainéants et nous dînons au resto immédiatement voisin de notre appart. L’ambiance y est sympa et en plus, nous profitons des chanteurs de Fado. Laurent ne prend pas de risque et commande un steak de bœuf. Mauvaise pioche : bœuf bouilli et sans saveur. Pour ma part, je teste LA spécialité : bacalhau a bras, fines lamelles de morue avec des pommes de terre et des œufs. Et ma foi, c’est bon ! Enfin, je croyais…

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